Portrait | Qui es-tu, Philippe Dequan ?

Depuis 1975, il fait partie de ces inconditionnels qui se retrouvent chaque samedi soir au Tivoli. Philippe Dequan n’est pas seulement un fidèle de la première heure, il se dévoue régulièrement pour son club de cœur, dans la peau du bénévole.

Si le visage de Philippe Dequan ne vous est pas inconnu, c’est tout à fait normal : soit vous l’avez croisé durant vos années primaires à Sainte-Marie ; soit vous l’avez côtoyé durant le carnaval de La Louvière ; soit il est votre voisin de tribune les soirs de matchs au Tivoli. Si vos enfants fréquentent la Wolves Academy, il est également probable que vous l’ayez rencontré au secrétariat du complexe Saint-Julien.

“Mon rencard initial avec la RAAL remonte à la saison 1975-1976. À ce moment-là, La Louvière découvrait l’élite pour la première fois de son histoire”, se remémore Philippe. “À l’époque, je n’avais que quinze ans et j’ai attrapé le virus. Il résidait une atmosphère incroyable dans ce stade bondé. C’était une époque lointaine où même le Wolf Side n’avait pas encore été créé.”

“J’ai été délégué, je me suis impliqué dans l’encadrement de l’Espace Jeunes. Plus tard encore, j’ai participé à la création des Ultraal”

Comme beaucoup de Louviérois, Phil est tombé sous le charme des quatre lettres au point d’y lier une partie de sa vie. “Quand mon fils évoluait chez les jeunes, j’ai été délégué. Au début des années 2000, je me suis impliqué dans l’encadrement de l’Espace Jeunes. Plus tard encore, j’ai participé à la création des Ultraal. Au passage, j’ai une pensée pour le regretté Thomas Busiau, figure bien connue des Loups.”

De la D3 à la D1, de la Coupe de Belgique à la Coupe UEFA, Philippe Dequan a tout connu avec la meute… y compris les discussions sur le mythique forum RAAL4EVER. Une époque lointaine. “Il y a des pseudos éternels, comme Ers, Alternate Wolf, D@niel Auchan, Schliebe, etc. De sacrés souvenirs ! D’ailleurs, certains de ces forumeurs reviennent au stade… ou ne l’ont jamais quitté.”

En 2009, la radiation de la Royale Association Athlétique Louviéroise a laissé un grand vide dans le quotidien de cet amoureux du folklore. “J’ai suivi le football louviérois avec un peu plus de distance, sans vraiment retrouver l’esprit du matricule 93 dans les autres clubs de la région. En 2017, lorsque la RAAL a retrouvé la lumière, j’étais aux anges. Nous étions nombreux à attendre la renaissance de notre club.”

Supporter-actionnaire et bénévole

Sans sourciller, le passionné d’ornithologie s’est investi : financièrement d’abord, humainement ensuite. “Je suis supporter-actionnaire, en plus d’être actif en tant que bénévole au sein du secrétariat de l’école des jeunes”, explique-t-il. “C’est un passe-temps prenant, qui nécessite bien plus de temps qu’on ne l’imagine, entre les affiliations, l’encodage de données, le mailing, la gestion des transferts, etc.”

Après cinquante ans de passion verte et blanche, on pourrait croire que la ferveur pour le club louviérois puisse s’atténuer. Détrompez-vous, ce n’est pas le cas de Phil : “J’ai la RAAL dans le sang, je n’aurais jamais la force de m’en défaire. Et puis, si peux continuer à consacrer un peu (beaucoup) de mon temps libre à mon équipe favorite…” Quoi qu’il en soit, merci pour ton enthousiasme, Philippe !

Lorsqu’il a retrouvé son club de cœur voici quatre ans, Philippe a également recroisé d’anciens élèves. “Par exemple, Carlo Cervillieri, je l’ai connu lorsqu’il avait six ou sept ans”, se plait-il à rappeler. “Quant à Vincent Bongiovanni, je me souviens de lui comme du maître à dribbler de la cour de récréation.” Oui, le monde est petit. Encore plus quand on est Louviérois.

Mario Cordisco